Gens,
Mardi dernier, je suis allée au Théâtre de l'Atelier pour assister à la représentation d'une pièce que j'attendais depuis des lustres : Les Liaisons Dangereuses.
Et même que le metteur en scène c'était John Malkovitch himself (mais je l'ai pas vu... John je t'aime !).
Alors qu'est-ce que c'est que cette affaire-là ?
Ben juste l'une des plus belles oeuvres de la littérature Française mon p'tit bouchon !
Même que c'est Choderlos de Laclos qui l'a écrit ya un bail de ça.
C'est quoi l'histoire ?
Très simple.
Ecoute bien, même pas ça va te faire mal à la tête... Tu vas voir...

Genre au XVIIIème (ouais, ça fait mieux d'écrire en chiffres Romains), ben ya une Dame (qu'est une Marquise en fait) et qui fout rien de chez rien de sa journée, à part décider de la hauteur de la choucroute qu'elle va porter sur sa tête.
Faut dire qu'elle a comme qui dirait épousé un très très vieux Monsieur quand elle avait 15 ans.
Et un jour, pfiout, son mari il est subitement décédé là comme une crotte !
Alors elle se retrouve toute seule dans un Château avec plein de sous à dépenser.
Et elle a rien à glander de la journée à part tripoter des tas de jeunes biroutes (car son mari, il était plutôt du genre flapi-flapo, sitôt tu la vois, sitôt tu la vois plus).
Donc, comme elle se touche gravement, ben elle rencontre dans un Monsieur genre Vicomte dans un "Salon".
Un "Salon" à cette époque-là, c'est un truc vachement à la mode en fait.
Mieux que le bistrot du coin vu que le concept c'est : tu vas chez des gens qu'ont un tas de sous et qui t'offrent le thé gratuitement. Et le but c'est : dire un tas de mal des gens qui vont dans les autres Salons.
Alors évidemment, la Marquise et le Vicomte ils font les langues de pute, ils copulent et tout.
Mais au bout d'un moment, la Marquise elle décide qu'elle en a marre de sa gueule et elle va voir ailleurs.
Le Vicomte ça le dérange pas plus que ça vu qu'il est pas trop exclusif comme mec, et que c'est plutôt un détendu du gland (si je puis dire...). Donc, il va aussi copuler ailleurs (c'était quand même vachement plus simple à cette époque-là).

Mais ils restent en contact sympa et tout, car ils s'aiment beaucoup.
Alors ils s'écrivent un tas de lettres où ils se racontent tous les trucs sessouels qu'ils font. Genre les travaux de jardinage que le Vicomte fait une chez Comtesse dont le mari n'a plus trop les mains vertes, toussa, toussa...
Et un jour, ils ont une super idée lumineuse et passent un genre de pacte (accroche-toi au pinceau, c'est un peu perché) :
- La Marquise elle se fait plaquer par un goret (et ça elle aime pas du tout passque normalement c'est elle qui plaque).
- Le mec qui l'a plaquée c'est passqu'en fait il préfère les petites jeunettes qu'ont jamais vu une biroute de leur vie (et la Marquise elle a un peu vu tout ce qui se fait niveau biroutes à Paris). Et le Goret, il a pour projet de mener en épousailles une petite qui vient juste de sortir du couvent, et qui connaît rien de la laïfe à part les bonnes soeurs.
- La Marquise demande donc au Vicomte d'y rendre un p'tit service (ooooh, trois fois rien...) : montrer sa biroute A LUI à la petite du couvent AVANT que celle-ci ne puisse officiellement voir celle de son futur époux (l'ex de la Marquise, le Goret donc).
Le Vicomte y veut pas passqu'il dit que c'est trop facile, et lui il préfère trouver des objectifs un peu plus compliqués.
Il essplique à la Marquise qu'en fait, il a trouvé un meilleur défi : essayer de se taper une Dame qui passe toute sa journée à l'église, qu'est marié avec un Président (elle s'appelle pas Carlita), et qu'adore discuter avec des curés et tout.
La Marquise elle trouve ça rigolo, et elle promet au Vicomte que s'il arrive à montrer sa biroute à la Présidente, et ben en récompense elle lui montrera sa foufoune.
Ouais, franchement, à cette époque, ils avaient des gros problèmes existentiels, et ils s'amusaient d'un rien, hein ?

Donc, le Vicomte il va à l'église pendant que la Présidente est en train de bouffer des osties, et il essaye de lui causer.
Mais au début, la Présidente elle veut même pas y adresser la parole parce qu'elle a entendu dire dans un autre Salon que c'était vraiment le Roi des Gorets (et en plus, le Curé il lui a interdit parler au Vicomte).
Comme c'est vraiment super compliqué comme manoeuvre, le Vicomte il apprend que la personne qui dit un tas de mal de lui à la Présidente, en fait c'est la maman de la p'tite du couvent que la Marquise lui avait proposé comme joujou.
Donc, évidemment, pour se venger, il rend finalement service à la Marquise et il grimpe sur la petite en lui promettant que naaaaan vraiment ya rien de grave à ce qu'il lui mette sa BIIIIIIP dans la BIIIIIIIIP.
En plus, la petite, finalement ça lui plaît bien de jouer avec la flute du Vicomte, et elle croit que ça fait partie de son éducation d'avant son mariage, et comme ça, son futur mari il sera très très content d'elle et il divorcera jamais (note que la dinde existait aussi à cette époque...).
Du coup, tant qu'on y est et plus on est de fous, plus on rigole, ben la Marquise elle colle également dans les pattes de la petite du couvent un joueur de piano aussi viril que ma mère et qu'est bêtement là à glandouiller (et comme ça, elle est bien certaine que la petite sera vraiment pas toute neuve le soir de ses noces, et que le Goret il va pas être content du tout du tout).
Au bout d'un moment, on sait pas trop c'qui se passe, mais la Présidente elle fini par arrêter de bouffer des cierges, et, sur un malentendu, elle se met à manger celui du Vicomte...

Alors le Vicomte il court chez la Marquise avec une attestation sur papier et tout (z'étaient vraiment bizarres) pour y réclamer son dû : pari gagné = il a le droit de bouffer la touffe de la Marquise.
Mais figure-toi que (pas de chatte, et c'est le cas de le dire) : la Marquise elle veut plus. Elle dit que c'est passque le Vicomte il est tombé encore plus amoureux de la Présidente que d'elle (et du coup ça la rend jalouse).
Du coup, pour prouver qu'elle a tort, le Vicomte il largue la Présidente en y disant que c'est pas de sa faute.
Et juste avant, elle l'avait gaulé avec une prostipute (mais il lui avait dit qu'en fait c'était juste une copine et qu'elle venait là pour l'aider à protéger les chiens battus... Et évidemment qu'elle l'a cru cette pintade).

Alors tu sais ce qu'elle fait cette morue de Marquise ?
Ben elle dit au Pianiste que... Ben... Comment dire... Il était pas le premier à grimper sur la petite quoi !
Et comme ça lui plaît pas du tout au gosse, il prend sa grosse épée et il va taper le Vicomte avec.
Et le Vicomte, ben il meurt.
Mais avant, il file toutes les lettres que lui a envoyées la Marquise. Et le Pianiste, il les distribue dans Paris.
Après, la Marquise elle meurt de honte (en fait, elle a chopé la petite vérole).
Et à la fin, elle est tellement énervée qu'elle se démaquille à la lingette (oui...).
"Les Liaisons Dangereuses, c'est l'histoire du Vicomte de Valmont qui veut recoucher avec la Marquise de Merteuil, qui ne veut plus coucher avec lui.
Il veut coucher avec La Présidente de Tourvel, qui ne veut pas.
Alors il couche avec Cécile, qui couche avec Danceny."
André Malraux
