mardi, 25 août 2009

Comment j'ai bouffé ma Madeleine de Proust...

Ouais, sauf que là je l'ai avalée un peu de travers...

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Que je te situe dans le contexte : comme tu sais, avant, quand j'étais minou, je vivais à Beauvais là-bas dans l'Oise. Là où c'est qu'ya une usine d'éponges qui puent, des champs de betteraves, plein de gens qui causent bizarre, et une Miss Médiévale élue chaque année pour représenter la ville (je dis ça, passqu'il fut une année où c'est que ça m'était tombé sur la gueule que de porter l'étendard de 17 kilos, habillée en guignolette par 30°C...).

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Avec les fausses tresses et tout hein...
Les Fêtes Jeanne Hachette que ça s'appelle cette plaisanterie.

 

 

Alors là-bas y avait ma maison de moi.

Une gentille maison toute mignonne dans un quartier calme (qui depuis, est bien parti en sucette d'ailleurs).

 

Et faut savoir que j'ai un grand rituel : à chaque fois que je retourne à Beauvais, faut que j'aille voir mon ancienne maison.

 

Généralement je vais dans l'Oise pour manger un couscous avec mes potes d'avant, boire des tas de trucs dans un bar joyeux surnommé "le kiosque", et ensuite bouger mon corps dans l'espace dans ce haut lieu de perdition qu'est "the Bugatti Club" (avé une calandre de wature collée à l'entrée de la bouate).

 

Et mes potes y me disent toujours : rhooo nan, tu vas encore voir ta maison, t'en as pas marre ? Tu faich', ça fait 8 ans qu'elle est vendue... Et t'es toujours en retard avec cette conneurie !

 

A chaque fois, c'est le même rituel : je gare ma Smart en face de ma maison de moi.

Je la regarde.

Je remets du gloss.

Je pleure dans ma wature.

Je repars.

 

 

Sauf que là, ça c'est pas du tout passé comme ça.

 

J'étais tranquillement en train de pleurnicher dans ma wature, sans embêter personne (normal quoi), quand quelqu'un est venu taper au carreau en me demandant si tout allait bien.

Déjà là j'étais pas contente qu'on me dérange en plein recueillement de barraque !

 

J'a répondu : oui oui Madame-lô (quand chuis à Beauvais je reprends automatiquement l'accent), ya pas de problème-lô, c'est juste que c'était mon ancienne maison alors ça m'émotionne un peu dans le dedans de moi-même-lô...

Et la Madame elle a répondu un truc incroyable : aaaahhhh mais vous êtes la fille à Monsieur de Bencouscous ? C'est moi qui a racheté vot' maison lô !!! V'nez, rentrez prendre un gorgeon !

 

Là, j'étais pas du tout d'accord. Psychologiquement, c'était pas possib' de retourner dedans.

 

Mais la dame elle a beaucoup insisté.

Et j'ai répondu une grosse conneurie, j'ai dit : oui, je veux bien...

 

 

Et chaipas si ça t'es déjà arrivé à toi ? J'veux dire quand t'as des souvenirs d'un endroit merveilleux peuplé de petits lutins, de fées, de macarons, de gloss à la fraise toussa, et quand tu retrouves pudutou les choses dans le bon ordre...

 

Déjà, je voulais pas rentrer dans la maison passque c'était pô les mêmes volets qu'avant.

Ca me perturbait beaucoup tu comprends...

 

Et surtout aussi à cause du jardin.

Que quand on a vendu la maison, on a fait exprès de donner des cours de jardinage intensifs aux acheteurs et que... ben aujourd'hui c'est la jungle à Mowgli avec Tarzan qui se balance de liane en liane, et Shita qui fait caca partout sur la pelouse. Enfin... Quand je dis pelouse, c'est très abstrait hein...

Mais j'te jure qu'avant, y en avait une vraie de pelouse, soyeuse et verte en plus. Pas cette espèce de truc immonde qui ressemble à champs de maïs brûlé.

 

Le pire étant à l'intérieur dans le dedans des murs...

 

Dans le salon, déjà j'ai failli me casser la gueule sur un immense train électrique.

J'a demandé : ah vous avez des enfants lô ?

La dame elle m'a dit : nan, c'est le p'tit train de mon môri, c'est un passionné vous comprenez.

 

 

Pis j'ai aussi remarqué que la Madame elle aimait beaucoup la couleur.

Enfin... Elle aimait TROP ça en fait.

 

Salon bleu. Et quand je dis bleu c'est : la moquette bleue, les murs bleus et le plafond aussi...

Cuisine orange, avec des oranges en relief (ça donnait un style remarque).

Salle de bains vert pomme (avec des gros ananas au mur, peints en vert aussi).

Chambre des parents jaune, avec de la bave de bébé collée un peu partout pour faire joli.

Et mon ancienne chambre de moi : rose bonbon servant de salle de jeux, avec un bordel incroyable de trucs empilés du sol au plafond.

Elle m'a dit : faites pô gaffe au bazar-lô, faut que je range.

Quand j'ai vu les aut' chambres, mon coeur il s'est immédiatement arrêté de battre.

 

 

Nan mais comment des êtres humains peuvent arriver à faire ça ?

J'veux dire, comme disait Moundir dans Koh-Lanta : POURRRRRRQUOI ?????????????? 

 

J'ai regardé par la fenêtre, et j'ai constaté avec horreur et frémissement que la jolie butte fleurie que ma môman jardinait avec amour, s'était transformée par on ne sait quel miracle en... bac à poiscaille.

Enfin j'ai supposé que les gros machins dedans devaient être des carpes.

J'veux dire, sous le truc mousseux qui semblait être de l'eau à l'origine...

 

 

La dame elle m'a dit : z'avez vu not' bassin lô ? C'est joli hein ? Chaipas combien ya de poissons, j'arrive pas à les compter à cause de la crasse.

 

 

 

Elle m'a demandé ça pile-poil au moment où je regardais des sortes de trolls sur les étagères.

Elle m'a dit très fière : c'est la collection de figurines de mon môri, il fait des jeux rôles, vous connaissez ? Vous aimez ça les jeux de rôles lô ?

Chuis devenue aussi verdâtre que l'eau du bassin.

 

Et j'ai dit : faites pô gaffe, c'est l'émotion.

Elle : oui je comprends, ça fait toujours bizarre de retrouver les lieux de son enfance lô. Mais vous devez être contente, elle est belle maintenant vot' maison hein ?

 

 

 

J'ai remis du gloss, j'ai crié au complot et chuis repartie chouiner dans ma wature.

 

Maintenant, chuis définitivement calmée. Plus jamais j'y retourne ! 

 

 

 

 

 

jeudi, 25 octobre 2007

Quand l'Orient rencontre l'Occident (et vice-versa)

Une fois qu'on est arrivés à Balee, ya quelqu'un de la Villa Mathis qui nous a emmenés là-bas.

C'est là qu'on a commencé à halluciner tout debout avec Séb.

Passque faut dire que les photos on les avait bien matées avant ; mais de là à se retrouver en face de la réalité de la laïfe...

J'vous laisse juger. C'est tout pareil comme ça en vrai !

Bruno, l'heureux proprio il nous a fait faire le tour.

Alors en fait, ya 3 Villas.

Et nous il nous en a donné une. Vu que dans l'autre j'ai immédiatement remarqué une famille d'Australiens avec des p'tits grumeaux Australiens qui couraient partout et faisaient beaucoup de bruit... Et ça... ca aurait été au-dessus de mes forces !

Bruno, il nous a tout bien expliqué comment ça se passait. C'était un peu compliqué passque le soir fallait qu'on choisisse où on voulait dîner. Genre au bord de la piscine... genre dans le jardin sous une tonnelle... genre sur des coussins. Vous pouvez pas vous imaginer comme le choix était difficile.

Moi je rappelle que j'étais toujours infestée de boutons avec des litres de pipi coincés dans moi qui voulaient pas sortir. Pis j'avais ma robe en laine, et mes collants et mes chaussures Roger Vivier à plaque en fer qui chauffe grave les pieds.

Et Bruno il était content de nous accueillir chez lui. Et nous on était contents de voir Bruno.

Mais moi j'étais encore plus contente quand je me suis jetée là-dedans :

Et encore plus quand j'ai enfin enlevé mes collants et enfilé une robe légère et des tongs !

Bruno il a dit : A vous de découvrir Bali. Et vous verrez ce que Bali va vous donner... Enfin un truc dans le genre car j'étais en grave déconnection moi.

 

Alors le lendemain, on est allé découvrir ce que Bali pouvait nous donner. Et c'est comme ça qu'on a atterri dans une crémation.

Oui.

Et ça m'a beaucoup impressionnée.

On est arrivés dans une sorte de temple en plein air.

Y avait plein de gens habillés colorés et tout qui chantaient et qui dansaient.

Avec Séb' on était les 2 seuls touristes et personne ne nous a calculé. Je sais même pas si ils se sont rendus compte qu'on était là.

Moi je voulais aller voir les morts avant qu'on les brûle mais Séb' il a pas voulu venir avec moi. Il est resté assis par terre avec les musicos.

Et moi j'ai vu 6 p'tits lits (parce que les crémations c'est collectif). Et là j'ai appris un truc effarant : c'était des gens qu'étaient morts depuis 6 mois et qu'on avait déterrés pour attendre qu'y en ait d'autres qui meurent et qu'on les brûle tous en même temps !

Donc y avait 6 petits lits : avec des gens dedans.

Des gens pas vivants donc.

Des gens qui avaient un peu macéré depuis quelques mois si je puis dire.

Vu qu'y étaient décédés depuis un certain temps...

Chuire revenue m'asseoir à côté de Séb et j'ai dit : euh... Sébastien, ya une odeur bizarre là-bas dans les lits... J'me sens pas trop bien là tu vois.

Séb il a répondu : ben c'est normal... ya 6 morts en putréfaction dedans. Pourquoi tu crois que je vais pas là-bas moi ?

J'ai commencé à me sentir pas bien du tout.

Alors on a attendu qu'ils mettent le feu aux lits. Il a commencé à faire très très chaud.

Et on s'est barrés.

 

Pour nous changer les idées on a décidé d'aller justement changer de la monnaie.

Moi qui suis d'un naturel méfiant et qui regarde pas trop les prix j'ai changé des sous dans un Authorized Money Changer avec des tickets et tout.

Séb qui travaille dans la Bourse et qui calcule plus vite que son ombre il m'a dit : attends j'ai vu un truc dans la rue où ils ont un super taux de change.

Mais ce qu'on savait pas nous c'est que c'était pas un bureau officiel de change de monnaie.

Déjà, on est arrivés dans le boui-boui et le mec dormait sur un canapé.

Déjà il nous demande d'où on vient.

Moi je dis : from France !

Et là me mec répond : Aaaaah France !!! Nicolas Sarkozy !

J'ai dit à Séb : viens on se barre. Même ici on nous en cause. J'me sens mal... J'vais vomir.

Et mes boutons ils commençaient à grossir de plus en plus. 

Mais Séb il a quand même changé ses sous.

Et là le mec il est pire que Houdini le Magicien sitôt que tu le vois, sitôt que tu le vois plus.

Il a compté une tonne de sous en p'tites coupures, et genre je reprends les billets et genre je te les rends, et genre je fais ami-ami et j'rigole avec toi et tout.

Eh ben à la fin de l'histoire, Séb il lui manquait la moitié de ses sous.

J'ai dit : dans ta face Séb ! Tu m'as pas écoutée. J't'ai dit qu'il comptait trop vite le mec ! Et moi j'le sentais pas vu qu'il nous a direct parlé de Sarko.

Alors on y est retournés et Séb a fait plein de moulinets de bras (il apprend vite avec moi) : tomorrow I will call ze Police et tout et tout ! And if you don't give back ze money they gonna casser ta gueule you know !

Et le mec s'est esscusé et lui a redonné une partie des sous.

Pendant ce temps-là, j'étais toujours bloquée du pipi moi.

 

Après pour se détendre un peu les idées on est allés se faire masser.

NDLR : un massage d'1h = 4 €........

Là on a opté pour un "Lulur" juste parce que le nom nous faisait rigoler.

On est rentrés dans une jolie pièce avec 2 petits lits pas conçus pour les gens de plus d'1m80 comme nous (mais ça allait en fait).

Là, les 2 masseuses nous ont donné.... 2 culottes... en papier.

J'ai regardé Séb et j'ai dit : euh... Faut vraiment qu'on mette ça ou bien ?

Séb a dit que oui.

J'ai rajouté : et pourquoi elles restent devant nous les bras croisés au lieu de nous laisser nous déshabiller tranquillos ?

Séb a dit : ben chaipas. On fait quoi ?

Moi : ben ya rien à faire, Tu vas être obligé de leur montrer ta quéquette je crois.

Lui : ben nan. Elles verront juste mon cul.

Moi, vu que je suis pas trop pudique, je me suis mise nue comme un ver et j'ai enfilé cette foutue culotte pendant que Sébastien nous présentait sa lune.

Une fois allongée, ya une des masseuses qui me dit : you are soooo pretty Sonia !

J'dis à Séb : aaah j'crois qu'elle me kiffe !

Pis l'autre elle rajoute : yes, good skin, good body.

J'dis à Séb : euh... Oué elles me kiffent grave. Désolée mais toi tu dois pas trop être leur genre.

Séb me répond : c'est parce que t'as des gros seins. Elles ont pas l'habitude ici. Pis la peau blanche et les traits fins aussi.

J'ai dit aux filles : oh yes thank you and I have in ze biloutes you know ! But actually I've got an allergy... Look at my big spots on ze face.

Là elles ont rigolé, et elles nous ont étalé une sorte de pate jaune fluo sur tout le corps.

Elles nous ont laissé sécher.

Pis elles sont revenues et ont gommé toute la pâte.

En enlevant une bonne partie de notre peau avec.

ET DE MES BOUTONS SUR LA GUEULE !!!! Youpeee !!!

Pis elles ont fait l'autre face.

Séb et moi on ressemblait à un homard et une écrevisse.

Là elles nous ont versé sur tout le corps... DU LAIT ET DE LA CREME...

J'ai dit à Séb : on va nous cuire comme du paté en croûte et nous bouffer ensuite tu crois ?

Séb : meuh nan voyons... Elles vont juste nous masser !

Grave comme c'était bon !

Ensuite elles nous ont envoyés nous doucher.

En plein air.

Toujours avec les culottes en papier.

Au point où on en était, que faire de notre pudeur n'est-ce pas ?

Et là, ouverture des portes du Paradis : une immense baignoire en marbre de 4 mètres sur 3 remplie d'eau chaude, parfumée aux huiles essentielles et remplie de fleurs...

Avec du thé au Ginseng pour nous remettre les idées en place.

On a macéré dans le bain. Moi j'ai failli ronfler tellement j'étais béate et heureuse. Même que j'avais un filet de bave qui me coulait au coin des lèvres...

Tu ressors de là, tu n'es plus la même femme, ni le même homme.

C'est là que tu décides de voir ce que Bali va te donner. Tu prends une nouvelle orientation dans ton existence...

Alors, du coup on a décidé de louer une moto.

 

A suivre...